Le cauchemar publicitaire dans la quatrième dimension

L’installation dans le métro parisien d’écrans de publicité « intelligents » équipés d’un capteur de visage et d’un système de transmission de données sans fil à destination des usagers inquiètent les associations.

Xavier Frison  • 2 février 2009 abonné·es
Le cauchemar publicitaire dans la quatrième dimension

Ca ressemble à un téléphone portable géant du type « iPhone » collé au mur. Dans les couloirs de la station de métro Charles de Gaulle-Etoile, à Paris, le long écran crache d’incessants spots publicitaires à un rythme endiablé. Voiture, montre de luxe, agence de voyage ou promo de films, tout y passe, sous le regard navré d’une trentaine de militants antipub allongés au pied de l’engin. Quatre de ces panneaux à « affichage à cristaux liquide » (ACL) ornent la station, préfigurant les 400 écrans qui doivent bientôt équiper le réseau de métros de la capitale.

Problème, l’innovation technologique dont Metrobus, la régie publicitaire de la RATP, est si fière, constitue une nouvelle « horreur publicitaire nocive pour la santé et la liberté » , selon Résistance à l’agression publicitaire (RAP), Souriez vous êtes filmés , Big brothers awards et Robin des toits . Les associations mobilisées contre les ACL dénoncent en priorité l’atteinte aux libertés publiques et les risques liés à la santé. Le dispositif cache derrière ses parois fumées une caméra, ou « capteur » selon la terminologie de Metrobus, destinée à étudier les réactions des passants aux messages diffusés. A terme, l’activation du système de transmission sans fil Bluetooth permettra d’envoyer des données publicitaires sur les téléphones portables des usagers du métro qui passeront à proximité des écrans, généralisant l’utilisation des ondes sans fil dont la dangerosité est soulignée sans

Envie de terminer cet article ? Nous vous l’offrons !

Il vous suffit de vous inscrire à notre newsletter quotidienne :

Vous préférez nous soutenir directement ?
Déjà abonné ?
(mot de passe oublié ?)
Société
Temps de lecture : 5 minutes

Pour aller plus loin…

Akim Omiri : « Nos vies valent plus que quelques vitrines cassées »
Démocratie • 5 novembre 2026

Akim Omiri : « Nos vies valent plus que quelques vitrines cassées »

Intellectuel·les, artistes, membres de la société civile… Ils et elles analysent la crise autoritaire que nous vivons aujourd’hui. Et remontent le fil de ses origines, décodent ses manifestations, expriment leurs inquiétudes profondes mais aussi leurs espoirs, et proposent des voies de résistance. (2/15)
« Les manifestants ne sont pas des ennemis » : des membres des forces de l’ordre contestent la stratégie répressive
Maintien de l'ordre • 5 novembre 2026

« Les manifestants ne sont pas des ennemis » : des membres des forces de l’ordre contestent la stratégie répressive

Après les manifestations des 17 et 24 octobre, quatre policiers et gendarmes interrogent l’évolution d’un maintien de l’ordre devenu toujours plus offensif. Manque d’effectifs, formation, usage des grenades et décisions politiques : leurs critiques visent aussi bien les pratiques de terrain que les choix de leur hiérarchie.
Par Maxime Sirvins
Un 5 novembre de grève et de manifestations
Mobilisation • 5 novembre 2026

Un 5 novembre de grève et de manifestations

Politis a couvert cette nouvelle journée de manifestations dans tout le pays, avec un appel à la grève générale de l’intersyndicale. Nos journalistes ont suivi les événements notamment dans la région de Grenoble (Voiron), au Mans dans la Sarthe, et à Paris pour faire remonter les images et revendications des cortèges et des grèves.
Par Politis
« Le gouvernement s’autorise de plus en plus à freiner toutes possibilités d’expression démocratique »
Entretien • 5 novembre 2026 abonné·es

« Le gouvernement s’autorise de plus en plus à freiner toutes possibilités d’expression démocratique »

Ce 5 novembre, une journée de grève et de manifestations suivie par les salarié·es du public comme du privé, la coordination des gilets jaunes, les mouvements lycéens et étudiants, est attendue partout en France. Une convergence des colères que Caroline Chevé, secrétaire générale de la FSU, appelle à exprimer durablement dans la rue.
Par Céline Martelet