Mélenchon tend la main au NPA

Le congrès du Parti de gauche a lancé un appel à toutes les forces susceptibles de participer au « front de gauche pour changer d’Europe », et tout particulièrement au parti d’Olivier Besancenot.

Michel Soudais  • 5 février 2009 abonné·es

L’appel est amical. Mais pas exempt de gravité. À cinq jours de l’ouverture du congrès du NPA, Jean-Luc Mélenchon a tenté une dernière fois de convaincre Olivier Besancenot et ses amis de rejoindre le « front de gauche pour changer d’Europe » . « Nous vous tendons la main sans condition, sans préalable. Ne la rejetez pas » , a lancé le sénateur de l’Essonne en clôture du congrès du Parti de gauche (PG). Trois jours durant, les 600 délégués, réunis à Limeil-Brévannes (Val-de-Marne), ont discuté et arrêté le mode de fonctionnement et les orientations de ce nouveau parti, adopté un plan de relance de « 100 milliards d’euros » pour répondre à la crise. Mais la question des élections européennes était au centre des débats.

Illustration - Mélenchon tend la main au NPA

La gauche doit cesser ses « divisions incompréhensibles »
M. Soudais

Après l’adoption, à l’unanimité, d’une adresse à toutes « les forces qui refusent le traité de Lisbonne et combattent pour une Europe sociale, démocratique, écologique et porteuse de paix » , Jean-Luc Mélenchon a invité, dimanche, « l’autre gauche » à cesser ses « divisions incompréhensibles » si elle veut battre la droite et rééquilibrer la gauche.
Dans ce registre, le sénateur de l’Essonne, qui n’exclut pas de se présenter lui-même au Parlement européen, a répondu un à un aux points soulevés par le NPA. Argument contre argument. Le NPA est un parti révolutionnaire, contrairement au PG ? Il ne s’agit « pas de fusionner » ni de « faire un même parti » , répond-il, mais de « faire un front » combinant « unité et identité » . « D’accord » pour commencer « d’abord [par] l’union dans les luttes », M. Mélenchon note que, contrairement aux craintes d’Olivier Besancenot, dix organisations ont été capables de s’entendre sur un texte de soutien aux manifestations du 29 janvier (Politis n° 1037) qui est « quasiment une plateforme » ; d’accord aussi pour aller « ensemble aux portes des entreprises ».

L’indépendance par rapport au PS ? « Indépendants du PS, nous le sommes, une partie d’entre nous vient de le quitter ! » , rappelle Jean-Luc Mélenchon. Il précise toutefois que, pour le PG, le PS n’est pas un « ennemi ». « C’est la droite, notre adversaire. » Persuadé que le PS se trompe et « emmène la gauche dans le mur », c’est par les élections que le PG veut « régler cette controverse » , insiste-t-il. « Quelqu’un connaît-il une autre méthode pour régler une divergence politique ? »
Olivier Besancenot veut que « le front soit durable » et invoque les régionales ? « Nous voulons bien en parler », assure encore M. Mélenchon non sans remarquer qu’il serait difficile « d’expliquer aux Français qu’il n’y a pas de front de gauche » faute « d’accord pour les élections régionales […] alors que personne ne sait quel sera le scrutin des régionales ni quand elles auront lieu ».
« Si on ne fait pas ce front, qu’est-ce qu’on fait d’autre ? On attend ? On y va chacun de son côté et on compte les points ? » interroge-t-il in fine , appelant le NPA à la responsabilité historique. Car « pendant ce temps-là, le peuple serre les poings, les dents, il pâtit et il souffre. Beau résultat politique ! »

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