Pour une gestion durable

Le morcellement de la forêt française privée interdit une exploitation cohérente de cette ressource.
Des regroupements permettraient une meilleure production et la création d’emplois dans cette filière.

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Au milieu du XIXe siècle, lorsque le Corps des forestiers, créé en 1827, annonça la disparition de la forêt française, celle-ci ne couvrait plus guère que 7 à 8 millions d’hectares, décimés par la construction navale et l’industrie naissante. Aujourd’hui, en constante progression, elle couvre 15,7 millions d’hectares : le résultat des plantations de la seconde moitié du XIXe siècle et des exodes ruraux laissant place à un véritable phénomène de « forêt vierge », notamment dans le sud du Massif Central. Il faut ajouter les erreurs anciennes des forestiers privilégiant les conifères aux feuillus, sous prétexte d’une rentabilité immédiate, ce qui entraîna une réduction de la biodiversité, celle-ci étant bien moins riche sous des sapins et des pins que sous des chênes ou des hêtres.
Mais le drame de la forêt française privée (11,6 millions d’hectares contre 4,1 pour les forêts domaniales, communales ou régionales) est qu’elle compte actuellement plus de 3,5 millions de propriétaires, dont 3 millions possèdent moins de 4 hectares et 450 000 entre 4 et 10 hectares. Ce morcellement interdit une gestion cohérente. Malgré plusieurs textes de loi, les gouvernements n’ont jamais imposé les regroupements facilitant une exploitation rationnelle, préservant à la fois l’intérêt des propriétaires et les chances d’une production durable.
D’ailleurs, seuls 21 % de la forêt privée bénéficient d’une certification de gestion durable contre 79 % (sur les 4,5 millions certifiés) pour les forêts publiques. Alors que la forêt privée est bien plus vaste et qu’elle produit 22 millions de m3 de bois de chauffage autoconsommé, le même chiffre que pour le bois d’œuvre. Une gestion moins calamiteuse de la forêt française pourrait augmenter le nombre d’emplois de cette filière, s’élevant à 390 000 actuellement.


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