Quand l’or est un poison
Alors que l’orpaillage illégal menace la survie des Amérindiens, l’exploitation aurifère met en place des projets industriels encouragés par le gouvernement. De notre envoyé spécial, Patrick Piro.
dans l’hebdo N° 1038 Acheter ce numéro
La nuit amazonienne enrobe Twenké. C’est l’heure où de gros crapauds s’invitent à un festin de moustiques autour des rares éclairages. Sous les cases collectives, le foyer rougeoie. Poisson « matin, midi et soir, on adore ça » , s’anime le Grand Man Aimapoti. Il incarne depuis plus de vingt-cinq ans l’autorité coutumière des Wayanas, peuple du Haut-Maroni, l’une des six communautés amérindiennes de Guyane. Twenké, 200 âmes, à deux heures de pirogue à moteur de Maripasoula, réclame en vain une électrification décente : il suffirait de quelques panneaux solaires. Devant le débarcadère, dans cette extrémité sud du département, la République peine à tenir son rang : un drapeau français, crasseux et déchiré, pendouille d’un mât. Depuis 2004, la grande préoccupation, « c’est l’eau contaminée » . Dans les rivières Tampok et Litani, turbides, la vie s’étiole. Les Wayanas, qui pêchent encore à l’arc, doivent désormais compter « une journée de pirogue pour trouver de l’eau claire » . Autour du
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