Changement de culture
Depuis l’entrée de la Roumanie dans l’Union européenne, son modèle agricole est promis aux bouleversements. Reportage dans les Maramures, où l’on travaille encore la terre de façon traditionnelle.
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À douze heures de car de Bucarest, le bout de l’Europe, à la frontière ukrainienne. Au nord de la Roumanie, au cœur des Maramures, ce sont les montagnes qui dominent, loin des vastes champs des grandes exploitations. Ici, on cultive hectare par hectare, à la force de l’homme. En cette fin d’été, à Poienile-Izei, village de 1 100 habitants, tous paysans, le temps agricole s’égrène donc au rythme de la faux. Les Maramures ont gardé leur authenticité car c’est l’un des rares départements à ne pas avoir été collectivisés sous l’ère Ceausescu, le pouvoir communiste ne pouvant y produire à grande échelle. Aujourd’hui encore, les paysans vivent comme ceux des Pyrénées françaises il y a soixante ans. Et, à l’heure de l’Union européenne, que la Roumanie a rejointe le 1er janvier 2007, et de la réforme de la politique agricole commune (PAC), le défi de la transition agricole est d’autant plus grand.
Aujourd’hui, les paysans des Maramures vivent comme vivaient ceux des Pyrénées il y a soixante ans. Calinescu/AFP
« Ici, les conditions de travail sont dures à cause des montagnes. Mais, tout est écologique et sans engrais. En plus, ça nous fait faire du sport en même temps ; ce n’est pas comme l’agriculture moderne de France », plaisante Ion de la Cruce. Ce petit homme de 56 ans à l’œil espiègle est d’abord paysan. La taille des exploitations varie de 1 à 7 hectares, selon les héritages cumulés. Chaque famille a sa vache, ses moutons, son cochon et ses
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