Des papiers à l’arraché

Depuis un an, grèves et occupations d’entreprises ont permis la régularisation de plus
d’un millier de travailleurs sans papiers. Bilan d’une lutte efficace.

Pauline Baron  • 5 mars 2009 abonné·es
Des papiers à l’arraché
© Droits devant !, 01 42 58 82 22 ; CGT, 01 48 18 80 00 ; Usi-CGT, 01 48 18 84 16 ; Solidaires Paris, 01 58 39 30 20.

Comme tous les travailleurs, ils triment, cotisent et payent des impôts, mais ne sont pas des salariés comme les autres, car ils n’ont pas de papiers (voir Politis n° 1036). Pour gagner cette dignité qu’on leur refuse, des milliers de sans-papiers impulsent un mouvement sans précédent en France, au sortir de l’hiver 2008. Les grèves qui émergent au sein de multiples entreprises n’ont qu’un objectif : obtenir leur régularisation et la reconnaissance de leurs années de travail au bénéfice de l’économie française. Un an après la brèche ouverte par les neuf cuisiniers du restaurant parisien La Grande Armée , dès février 2008, entre 1 270 et 1 700 salariés sans-papiers ont acquis ce sésame tant désiré pour vivre légalement en France.

Des sans-papiers occupent depuis dix mois la Bourse du travail à Paris, reprochant à la CGT son manque de combativité. Verdy/AFP

En quelques mois, la mobilisation prend une ampleur inattendue. « Le 15 avril, cela fera un an que le mouvement a vraiment débuté », précise Francine Blanche, de la CGT. Dès cette date, « plus d’une trentaine d’entreprises d’Ile-de-France sont concernées, soit environ 500 sans-papiers » , confirme Jean-Claude Amara de Droits devant ! C’est le début d’une action qui va se propager à l’ensemble du pays et des secteurs d’activités. D’autres vagues suivent, portant le

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