Poison d’eau douce

Alors que les pyralènes (PCB) contaminent les grands cours d’eau français, des analyses d’imprégnation humaine viennent de démarrer, et les interdictions de consommer les poissons se multiplient.

Patrick Piro  • 12 mars 2009 abonné·es

Et un arrêté d’interdiction de plus : le 12 février dernier, la consommation et la commercialisation des anguilles, barbeaux, brèmes, carpes, silures et tanches a été prohibée depuis le sud de Mâcon jusqu’à Lyon (et même pour tout poisson près de la confluence), pour cause de contamination trop importante de certaines prises par les pyralènes (polychlorobiphényles, ou PCB). « Cela fait au moins quatre ans qu’on avait signalé aux pouvoirs publics les risques dans cette zone » , peste Alain Chabrolle, vice-président de la Fédération Rhône-Alpes de protection de la nature (Frapna), qui dénonce le problème depuis deux décennies.

Les cinquante-deux volontaires de l’étude présentent des taux quatre fois supérieurs à l’imprégnation moyenne. Poujoulat/AFP

Des arrêtés semblables, les autorités en ont pris des dizaines depuis septembre 2005, à la suite de la découverte de taux de PCB dix fois supérieurs à la norme de l’Organisation mondiale de la santé (OMS) dans des poissons pêchés sur le Rhône en amont de Lyon. Le fleuve a depuis été largement exploré : seul le Haut-Rhône est a priori épargné. En aval, du canal de Miribel jusqu’à la Méditerranée, et sur plusieurs dizaines de kilomètres du cours de l’Isère en amont de la confluence avec le Rhône, les interdictions frappent toutes les espèces de poissons, à l’exception du tronçon Valence-Avignon, où elles sont limitées à l’anguille, la brème, le barbeau, le silure, la carpe, l’alose, la lamproie et la truite de mer. Très pratiques comme additifs aux huiles industrielles, dont ils renforcent la capacité isolante, les pyralènes

Envie de terminer cet article ? Nous vous l’offrons !

Il vous suffit de vous inscrire à notre newsletter quotidienne :

Vous préférez nous soutenir directement ?
Déjà abonné ?
(mot de passe oublié ?)
Écologie
Temps de lecture : 7 minutes

Pour aller plus loin…

LGV Bordeaux-Toulouse : main basse sur les terres agricoles
Reportage 30 avril 2026 abonné·es

LGV Bordeaux-Toulouse : main basse sur les terres agricoles

Pour déployer sa nouvelle ligne, SNCF Réseau doit acquérir du terrain au titre de la compensation écologique. En pleine crise du secteur, de nombreux viticulteurs sont tentés de vendre, car les prix proposés sont élevés. Au point d’écarter certains agriculteurs désireux de créer une activité.
Par Romane Gentil
La paysannerie mondiale résiste encore
Reportage 20 avril 2026 abonné·es

La paysannerie mondiale résiste encore

Depuis 1996, le 17 avril marque la journée internationale des luttes paysannes. Face à la libéralisation des échanges et à l’accaparement des terres, le mouvement altermondialiste La Via Campesina coordonne la résistance de 200 millions de paysans à travers le monde.
Par Alix Garcia et Louis Meurice
En Suisse, avec le berger qui défend les loups
Portrait 17 avril 2026 abonné·es

En Suisse, avec le berger qui défend les loups

Dans le Jura vaudois, Fabrice Monnet a passé une grande partie de l’hiver à patrouiller dans les montagnes avec son association pour empêcher l’abattage du grand prédateur. L’homme est devenu une figure militante, non sans agacer éleveurs et pouvoirs publics.
Par Louis Bolla
Marc-André Selosse : « S’occuper de la biodiversité est une preuve d’humanisme »
Entretien 15 avril 2026 abonné·es

Marc-André Selosse : « S’occuper de la biodiversité est une preuve d’humanisme »

Le professeur de microbiologie au Muséum national d’histoire naturelle plaide pour la reconnexion de notre société au vivant, et l’émergence d’alternatives agroécologiques pour protéger le monde agricole et les citoyens des ravages des pesticides. Dans De la biodiversité comme un humanisme, petit livre très accessible, il allie vulgarisation et la défense de la biodiversité.
Par Vanina Delmas