Dossier : Alimentation : Bien manger, manger tous

Bien manger, manger tous

La crise alimentaire a cruellement démontré l’absurdité de nos systèmes de production. Il faut désormais favoriser une alimentation soutenable, meilleure pour l’homme et la planète. Cela passe aussi par une modification de nos habitudes alimentaires au Nord.

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Soumis aux crises multiples, les tabous qui frappaient des débats essentiels tombent les uns après les autres : la croissance économique, l’avenir du capitalisme, la fin du pétrole, la prééminence de l’État… Un domaine résiste pourtant encore à l’examen de conscience des sociétés occidentales : l’alimentation. Car il faut aujourd’hui affronter le retour du vieux slogan des années 1970 : « Mangeons autrement ici, pour qu’ils se nourrissent là-bas. » Les associations jouaient alors un peu sur la culpabilisation : nos surplus agricoles pourraient soulager la faim dans les pays « du tiers monde ». On sait depuis que les vases ne communiquent pas : l’aide alimentaire en nature déstabilise souvent des agricultures locales déjà très fragiles, et fabrique de nouvelles dépendances à des aliments importés. Pourtant, le slogan s’impose désormais avec une légitimité incontestable. Parce que la surconsommation généralisée des sociétés riches est aussi, bien sûr, une « surbouffe ». Elle n’est aujourd’hui possible que par l’importation massive d’aliments pour notre bétail, produits sur des terres lointaines qui pourraient être consacrées à des productions vivrières. Et puis une autre rétroaction s’installe impérieusement. « Pour combattre le changement climatique, il faut manger moins de viande ! » , affirme Rajendra Pachauri, président du Giec. Émissions de méthane, transports, consommation d’hydrocarbures… L’alimentation trop carnée compte en effet pour une bonne part du dérèglement.
Les pays riches devront donc réduire leur consommation de viande, et pas seulement pour lutter contre l’obésité et les maladies cardiovasculaires, épidémies assumées. Le tabou est ailleurs, civilisationnel : le progrès, le développement, c’est un repas carné, hors de toute justification nutritionnelle. La FAO extrapole ainsi benoîtement la croissance (préoccupante) de la consommation mondiale de viande comme si elle était corrélée, organiquement, à l’augmentation des niveaux de vie. Mieux, c’est plus. Pour combien de temps encore ?


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