De l’Alliance Atlantique à l’Otan
Selon Alain Joxe*, le monde entier est devenu au fil des années une immense zone Atlantique où les États-Unis et leurs alliés mènent des guerres asymétriques.
dans l’hebdo N° 1046 Acheter ce numéro
La réintégration dans l’OTAN, décidée par le gouvernement français, pose des questions stratégiques , parce que les guerres en cours, soutenues par l’OTAN ou gérées par les Etats Unis, sont toutes dans des impasses et ont été sans cesse l’occasion de violations graves des droits de l’homme. On peut penser que ces violations sont inhérentes aux systèmes d’armes et aux doctrines d’emploi des forces, dans les guerres asymétriques modernisées de l’ère électronique. La France sera-t-elle à même d’infléchir les doctrines et les normes OTAN en vigueur ? ou va-t-elle seulement prendre sa part d’un échec américain « criminogène » sans aucun bénéfice moral, politique et diplomatique ?
L’Alliance atlantique et l’OTAN
Soyons précis. L’Alliance Atlantique (traité de Washington), dont la France est toujours restée membre, est peu contraignante dans les textes. La solidarité est immédiate en paroles - mais facultative en actes. C’est un traité de défense régional : sa zone d’application est délimitée au sud, par la ligne du Tropique du Cancer (art. 6), ce qui laissa Cuba hors-zone, lors de la crise des fusées russes de 1962 ; elle est délimitée à l’est, par la définition euro-atlantique de l’appartenance ; L’Alliance ne couvre donc pas l’Afghanistan, qui n’est ni membre de l’Alliance, ni atlantique, ni européen, ni bien entendu l’Iraq, ni la Georgie. En fait, l’Alliance concernait l’aide américaine à la défense de l’Europe en Europe ; pas du tout l’aide européenne à la défense des Etats Unis dans le Monde. Elle ne concerne plus l’époque actuelle. Elle aurait du être dissoute à l’effondrement de l’URSS. Mais elle persiste par l’Organisation militaire qu’elle s’est donnée, l’OTAN L’OTAN n’apparaît dans le traité de Washington (art. 9) que comme un des « organismes subsidiaires » qui « pourraient être nécessaires à l’alliance» . toutefois elle ne peut obliger personne à participer à des actions et ne peut prendre que des décisions à l’unanimité (« par consensus »), Le moindre état membre ayant droit de veto, la soumission aux Etats Unis par l’intermédiaire de l’OTAN est donc un « esclavage volontaire » unanime ; parfois surgit aussi un refus poli d’obéir. Par exemple le refus de la Turquie d’accorder un droit de passage pour envahir l’Iraq, et le refus de l’OTAN de participer directement à la guerre d’Iraq malgré la demande pressante des Etats-Unis.
L’OTAN, sous l’ONU, en Afghanistan
Si l’OTAN a pu être associé à l’expédition américaine d’Afghanistan et à sa définition punitive (riposte à l’attentat des deux tours) , c’est au titre d’une mission internationale d’aide au gouvernement afghan décidée par l'ONU (résolution 1386 du Conseil de Sécurité) . L’OTAN dirige donc, sous mandat de l’ONU, depuis le 20 décembre 2001, d’abord pour six mois, puis par reconductions, une Force internationale d'Assistance à la Sécurité (FIAS), force internationale atteignant quelque 55.100 soldats en janvier 2009. Elle a pour mission d’ « aider les autorités afghanes à exercer et à étendre leur pouvoir et leur influence sur la zone de
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