Entretien avec Marie-George Buffet : Des droits nouveaux pour les salariés
Les députés communistes, républicains et du Parti de gauche présenteront le 28 mai une loi visant à interdire les licenciements boursiers et à mieux répartir la richesse produite par le travail.
dans l’hebdo N° 1048 Acheter ce numéro

*Écoutez un extrait sonore de l'entretien*
Vous avez déposé une proposition de loi tendant à interdire les licenciements dans les entreprises ayant versé des dividendes à leurs actionnaires. Pourquoi maintenant ?
Marie-George Buffet : J’ai constaté lors de rencontres avec des syndicalistes et des camarades dont les entreprises sont concernées par des plans de licenciement que ceux-ci ne sont pas toujours liés à la crise. C’est le cas de Celanese dans le bassin de Lacq, qui dégage 20 % de marge. Du jour au lendemain, sa direction texane a choisi de concentrer sa production en Chine et justifie ainsi un plan de licenciement. La loi que je propose s’opposerait à ces licenciements comme à ceux de Caterpillar, autre entreprise bénéficiaire. Certes, il y a la crise, mais à son origine il y a notamment le fait que la richesse produite par le travail va sans retenue aux dividendes et à la spéculation. Légiférer est nécessaire pour interdire des licenciements, mais aussi pour mieux répartir les richesses.
Les licenciements boursiers remontent à la fin des années 1990 (Nestlé, LU…), mais rien n’a été fait jusqu’ici…
Le fait que des entreprises qui dégagent des profits extrêmement importants, comme Total et ses 13,9 milliards de bénéfices, puissent