Qui veut la peau de l’université publique ?
La loi d’autonomie des universités relève d’une architecture néolibérale classique. Il s’agit ni plus ni moins d’imposer à l’enseignement supérieur les critères de l’entreprise.
dans l’hebdo N° 1050 Acheter ce numéro
Voilà plus de trois mois que les universités sont en mouvement. Les universités : c’est-à-dire l’ensemble de ceux qui les composent, étudiants, enseignants et personnels. Parti de la lutte contre cinq décrets, le mouvement a connu un spectaculaire changement d’échelle. Il a élargi ses revendications à l’abrogation de la loi Liberté et responsabilités des entreprises (LRU) puis à la contestation de son cadre supranational, le processus de Bologne, qui aura dix ans cette année. La mobilisation est unitaire, cela n’a rien d’un hasard : cette fois, devant la charge gouvernementale, c’est l’université dans toutes ses composantes qui se sent menacée par des réformes qui visent à faire d’elle une entreprise « efficace », et de l’éducation un service au rabais.
Retour en 1998 : Claude Allègre, alors ministre de l’Éducation nationale, initie un projet d’unification du système