« Le NPA doit beaucoup inventer pour réussir »
Le livre de Philippe Pignarre est le premier consacré au NPA qui ne soit pas l’œuvre d’un militant. L’auteur pose de bonnes questions sur les moyens et les objectifs de l’organisation. Mais beaucoup de réponses relèvent encore d’une logique incantatoire.
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Politis : Vous rappelez au début de votre livre votre passé de permanent à la LCR durant les années 1970 et la lourdeur des tâches de militant. Le NPA ne présage-t-il pas un militantisme plus léger, induit par la fin du parti d’avant-garde ?
Philippe Pignarre : Je crois en effet que le NPA ne peut plus se définir comme un parti d’avant-garde. Essentiellement parce que la théorie qui le définissait ne fonctionne plus, ne semble plus efficace, pour une bonne part, dans la société actuelle. On avait l’impression depuis un certain temps que la théorie trotskiste tournait un peu à vide, comme si les mailles du filet étaient trop larges pour saisir la réalité qui nous entoure. Je ne sais pas si le NPA a tiré toutes les conséquences de l’effritement de cette théorie, mais je pense que ses animateurs ont en tout cas senti cette évolution. On le remarque lorsqu’on lit les textes d’Olivier Besancenot ou des gens qui l’entourent.