« Les salariés se sentent trahis »

Alors que de nombreuses personnes se retrouvent au chômage, le gouvernement ne répond pas à la crise, durable et structurelle, estime le sociologue Didier Demazière*.

Thierry Brun  • 7 mai 2009 abonné·es

Politis : Les salariés se débattent pour arracher le maximum d’indemnités avant d’être licenciés. Leur colère ne vient-elle pas aussi du sentiment d’être dupé ?

Didier Demazière : Les formes d’action et de lutte contre les licenciements sont spectaculaires et intenses. Cela montre une grande détermination et exprime un fort sentiment d’injustice. Cette colère rappelle d’autres épisodes de l’histoire récente, liés à la restructuration ou à la disparition de secteurs entiers de l’économie (sidérurgie, charbonnages, par exemple). Elle est une réaction à la violence ressentie par des salariés qui se sentent d’autant plus trahis qu’ils ont fait des efforts pour préserver leur entreprise et sauver leurs emplois. Des éléments plus conjoncturels renforcent ce sentiment de violence subie. L’écart devient insupportable entre les rémunérations et protections de certains patrons et cadres dirigeants, et le sort réservé aux ouvriers et aux salariés

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Publié dans le dossier
Le temps de la colère
Temps de lecture : 5 minutes