« 100 Sexes d’artistes » censurée à Venise
La Biennale d’art contemporain et la Ville de Venise ont censuré un projet de Jacques Charlier, « 100 Sexes d’artistes ». Retour sur cette affaire avec le commissaire de l’exposition, Enrico Lunghi*.
dans l’hebdo N° 1057 Acheter ce numéro

Politis : Comment présenteriez-vous les « 100 Sexes d’artistes » de Jacques Charlier ?
Enrico Lunghi : Jacques a commencé en 1973 à représenter les plus illustres artistes du XXe siècle par leur « organe procréateur », c’est-à-dire en dressant un « portrait » imaginaire de la libido qui se manifestait à travers le style caractéristique, une œuvre majeure, voire l’outil de prédilection de ses sujets. Sur le mode de la caricature, c’était une « analyse » (au sens freudien) pleine d’humour du monde de l’art dans lequel il baignait et, simultanément, un travail sur les codes de l’art conceptuel. Pour Venise et son sens du faste, nous avons pensé reproduire ces dessins sur des affiches au caractère théâtral parfaitement idoine. Un petit (et modeste) musée en plein air, constitué de 100 affiches à découvrir en déambulant au hasard des ruelles de la Sérénissime, aurait ainsi été offert au regard des visiteurs de la Biennale, mais aussi des habitants et des touristes de passage.
La Biennale et la Ville de Venise ont toutes deux censuré les « 100 Sexes d’artistes ». Comment cela s’est-il passé, et quels sont les motifs invoqués ?
Le projet a été introduit officiellement par la Communauté