Chronique de rétention, Hendaye
Marie Cosnay est l’auteur de « Entre chagrin et néant » , livre dans lequel elle témoigne de ce qu’elle a entendu et vu au Tribunal de grande instance de Bayonne, de mai à septembre 2008, où les étrangers « sans papiers » sont présentés devant le juge des libertés et de la détention. Elle y est retournée tout récemment.

Le 26 juin paraissent devant le Juge des libertés et de la détention de Bayonne, comme c’est le cas plusieurs fois par semaine, sept personnes « sans papier » - c'est-à-dire démunies de titre de séjour et/ou de pièce d’identité et incarcérées au Centre de rétention administrative (CRA) d’Hendaye.
Parmi elles, une jeune fille camerounaise, qu’on appellera Victorine, est présentée pour la deuxième fois. Victorine n’a pas de passeport et pour cette raison elle a été reçue au consulat du Cameroun à Marseille quelques jours auparavant, afin que le consulat lui délivre le laissez-passer qui permettra à la Préfecture de « l’éloigner », comme on le dit par euphémisme.
Voici ce que j’entends, apprends et comprends ce jour-là : la juge, lors de le première présentation du 10 juin, a libéré Victorine. Je ne sais pas, alors, sur quel motif. Le Parquet a fait appel et la jeune femme a été « maintenue ». Aujourd’hui, sa rétention sera prolongée.
La juge : vous avez été présentée au consulat du Cameroun à Marseille et l’entretien n’a pas été possible. Votre état d’émotion ne l’a pas permis. Un autre rendez-vous a été demandé par la Préfecture et à ce jour aucune date
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