« Floués jusqu’au désespoir »

Après le 23e cas de suicide d’un salarié de France Télécom, le sociologue Vincent de Gaulejac* analyse cet aveuglement forcené des élites dirigeantes face à la souffrance au travail.

Thierry Brun  • 17 septembre 2009 abonné·es
« Floués jusqu’au désespoir »
© * Vincent de Gaulejac a publié, entre autres, la Société malade de la gestion, éditions du Seuil, 2005, et le Coût de l’excellence, éditions du Seuil, 1991, réédité en 2007 (avec Nicole Aubert).

Politis : Claude Guéant, secrétaire général de l’Élysée, comme le directeur des ressources humaines de France Télécom, a estimé récemment qu’on ne peut réduire les 23  suicides de salariés « à un problème d’organisation » du travail. Quelle est votre réaction ?

Vincent de Gaulejac | C’est typique de la réaction des DRH, mais aussi, au-delà, des directions d’entreprises confrontées à ce type de problème, et de la classe dirigeante. Même dans les partis politiques on retrouve cette occultation des liens qui peuvent exister entre la montée de la souffrance et de la violence au travail et ce que les élites appellent la modernisation, la réforme, les nécessités de s’adapter à la globalisation. Le discours de la direction de France Télécom est le même chez les dirigeants de Renault, après ce qui s’est passé à Guyancourt,

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