« On ne peut plus penser comme avant Lévi-Strauss »

Claude Lévi-Strauss a montré combien toute hiérarchisation entre les peuples était absurde. Chaque civilisation développe simplement une des multiples capacités de l’espèce humaine. Son apport en termes d’appréhension de la diversité humaine est irréversible.

Olivier Doubre  • 12 novembre 2009 abonné·es
«  On ne peut plus penser comme   avant Lévi-Strauss  »
© * Auteur d’Histoire du structuralisme (2 vol.), La Découverte, 1991-1992, Livre de poche, 1995. Dernier ouvrage paru : Gilles Deleuze, Félix Guattari. Biographie croisée, La Découverte/poche, 2009.

Politis : En quoi le travail de Claude Lévi-Strauss sur la diversité des peuples a-t-il révolutionné notre approche de l’Autre, de celui qu’on a longtemps considéré en Occident comme le primitif ?

François Dosse : Le grand événement qui va bouleverser radicalement la vision traditionnelle, c’est-à-dire occidentalo-centrée, de ceux qu’on considérait comme des primitifs a lieu en 1955 avec la publication de Tristes Tropiques. Il intervient tout d’abord dans un contexte historique particulier qui est celui de la décolonisation et de la percée d’une ­troisième voie entre les deux blocs, celle du tiers monde avec la conférence de Bandung (dite des « Non-Alignés »). C’est donc l’apparition sur la scène politique internationale des peuples

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Publié dans le dossier
La tribu des supporters
Temps de lecture : 8 minutes