La petite sirène

Bernard Langlois  • 10 décembre 2009 abonné·es

Dés pipés

Quitte à vexer la petite sirène, qui accueille pour deux semaines une conférence climatique présentée comme – quasiment – celle de la dernière chance, je suis de ceux qui n’en attendent rien. Parce que, de façon générale, rien ne sort jamais de bien probant de ces grands raouts politico-médiatico-diplomatiques qui prétendent trouver des remèdes aux maux de la planète, tant les dés sont pipés. Le dernier exemple en date, avant Copenhague, fut ce sommet de l’Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO) qui s’est réuni à Rome du 16 au 18 novembre. Censé trouver des remèdes à la très grave crise alimentaire qui affecte le monde depuis deux ans (selon les spécialistes, le seuil du milliard d’individus sous-alimentés a été franchi, ce qui représente une augmentation de 150 millions depuis 2006 ; rappelons que la communauté internationale s’était fixé comme objectif, au début du siècle, la réduction de moitié des victimes de la faim d’ici à 2015, va falloir se secouer, les gars !), ce sommet sans sommités (Berlusconi était le seul chef d’État présent, d’abord parce que ça se passait chez lui, ensuite et surtout parce que ça lui fournissait une bonne excuse pour ne pas répondre à la convocation des juges qui lui cherchent des poux mafieux dans la calvitie) s’est conclu par une décision spectaculaire : l’élection à la présidence de son conseil d’un Français, et pas n’importe lequel, l’un des représentants de la pire agriculture industrielle, productiviste et polluante qui soit – et donc, par ses pratiques et tout ce qu’elles impliquent dans le domaine du commerce mondial et de la spéculation, l’un des agents les plus efficaces de la ruine des

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Edito Bernard Langlois
Temps de lecture : 10 minutes