« Retour à Reims », de Didier Eribon: Revenir à soi

Avec « Retour à Reims », où il analyse sa rupture avec son milieu d’origine – ouvrier –, Didier Eribon donne un récit autobiographique autant qu’un essai politique.

Christophe Kantcheff  • 10 décembre 2009 abonné·es
« Retour à Reims », de Didier Eribon: Revenir à soi
© Retour à Reims, Didier Eribon, Fayard, 248 p., 18 euros.

Retour à Reims n’est pas à proprement parler un livre de littérature, et Didier Eribon, jusqu’à maintenant, a surtout écrit des livres de philosophie ou de sociologie critique, la plupart situés parmi les gender studies. Mais Retour à Reims a ceci de particulier qu’il dépasse les classifications : il relève autant du récit autobiographique que de l’analyse sociologique, de la rétrospective historique que de l’essai politique. Il frappe surtout par le risque pris de s’exposer.

Retour à Reims raconte en effet comment et pourquoi Didier Eribon, afin de pouvoir se vivre en tant qu’intellectuel gay, a renié ses origines sociales, et s’est coupé de sa famille appartenant à la classe ouvrière. Il le fait non seulement à la première personne du singulier, donc en mobilisant dans ce « je » une subjectivité peu commune chez un universitaire français, mais surtout avec une exigence éthique qui force le respect. Car ce texte, si passionnant soit-il, notamment sur les phénomènes de domination et de reproduction sociale, serait proprement insupportable si l’auteur n’adoptait qu’une position de « sachant », qui passerait vite pour

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Culture
Temps de lecture : 6 minutes