Pauvres valeurs de la République

Liberté, égalité, fraternité, laïcité : ces grands mots recouvrent aujourd’hui
des réalités largement vidées de leur sens originel.

Bruno Mattéi  • 21 janvier 2010 abonné·es

Un malaise pèse sur le débat concernant « l’identité nationale », qui vient d’abord de l’idée même d’« identité nationale ». La grosse ficelle du gouvernement, c’est de donner à croire que celle-ci existe quelque part, comme une nature advenue qu’il faudrait seulement désenfouir et rappeler pour en assumer l’héritage, afin que les choses aillent mieux. La fable paraît simple, avec le bénéfice escompté que les reins et les cœurs en sortiront raffermis. Alors, qu’est-ce qui ne va pas quand l’État bat le rappel pour invoquer sans tabou le grand totem d’une identité nationale ? Ce qui ne va pas, déjà, c’est qu’avant même d’avoir commencé à débattre on sente si fort les arrière-pensées qui distillent un message biaisé et fétide : celui d’une identité menacée par l’immigré et l’étranger sur fond d’insécurité ressassée et de nationalisme qui ne dit pas son nom. La bonne santé d’un débat voudrait que les citoyens retournent cette vilenie à son expéditeur pour s’employer à une réplique exigeante, qui dirait dans son préambule que l’identité d’une communauté, nationale ou autre, n’existe pas sans projet d’un « idéal commun » et en cela partagé, c’est-à-dire une idée orientée par des valences, des vaillances, qu’on appelle valeurs et qui ont le grand avantage – c’est l’exception

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Temps de lecture : 8 minutes