Des femmes répondent à Élisabeth Badinter
Pour la philosophe Élisabeth Badinter, le diktat de l’écologie défend un modèle de mère rétrograde. L’allaitement serait le symbole le plus manifeste de cette régression. Des femmes s’insurgent et dénoncent une posture idéologique et réactionnaire.
dans l’hebdo N° 1090 Acheter ce numéro

Les réactionnaires ne sont pas où l’on croit. Ce sont les « bonnes mères écologiques » , d’après la philosophe Élisabeth Badinter, qui part en croisade contre le « diktat de l’écologie » . Dans son dernier livre, le Conflit, la femme et la mère [^2], elle dénonce « le retour en force du naturalisme » , une « idéologie » qui ferait de « Mère Nature » une nouvelle tyrannie soumettant les femmes à des « lois » de plus en plus contraignantes, avec comme première conséquence de les renvoyer à la maison. Condamnation du tabac et de l’alcool pendant la grossesse, bataille du lait, réticences face à la pilule et à la péridurale, méfiance à l’égard de la chimie et de l’agroalimentaire, accouchement à domicile, « peau à peau » dans les maternités, couches lavables, « co-dodo » et retour de l’instinct maternel… Tout y passe. Et tout converge sous l’étiquette d’une écologie mal définie : Nathalie Kosciusko-Morizet (ex-ministre UMP de l’Écologie) et Cécile Duflot (secrétaire nationale des Verts) se retrouvant sur le même banc.
Trente ans après l’Amour en plus – qui tordait le cou à l’instinct maternel –, la philosophe vilipende le « retour en force du maternage » , accusé de «