« Réduire les inégalités de pensions »
Deux économistes, Jean-Marie Harribey et Thomas Piketty, débattent d’un changement du mode de calcul des retraites. Au centre de leur échange : la question de la solidarité.
dans l’hebdo N° 1088 Acheter ce numéro
Le mode de calcul des retraites fait l’objet d’un débat depuis que le Conseil d’orientation des retraites (COR) a consacré son septième rapport, rendu public le 28 janvier, à ce thème, à la demande du Parlement. La loi de financement de la Sécurité sociale de décembre 2008 avait fixé la remise de ce rapport aux commissions des affaires sociales de l’Assemblée nationale et du Sénat « avant le 1er février 2010 ». Outre le traditionnel état des lieux du système de retraite, le COR a étudié les « modalités du passage éventuel à un système en points ou en comptes notionnels » . L’idée de revoir le système de retraite par répartition est dans les têtes depuis 2007, quand une mission d’information d’évaluation et de contrôle de la Sécurité sociale du Sénat a proposé de « réformer la protection sociale » en s’inspirant de « la réussite exemplaire » de la réforme du système de retraite suédois. Le débat a ensuite été lancé avec la publication en 2008 d’une étude d’Antoine Bozio et de Thomas Piketty préconisant « une refonte complète des régimes actuels et la création d’un système unifié de comptes individuels de cotisations offrant les mêmes droits et les mêmes règles à tous les travailleurs ».
L’éventualité d’un nouveau mode de calcul n’est évidemment pas sans conséquences sur la pension qui sera versée aux retraités ni sur le caractère solidaire du système. La « retraite par points » est préconisée depuis plusieurs années par le Medef. Sa présidente, Laurence Parisot, a rappelé récemment cette proposition de réformer le régime général en lui appliquant un tel système, déjà en place dans les caisses complémentaires, et de l’accompagner d’un système par capitalisation. La CFDT est pour sa part favorable à une « réforme d’ampleur du système par répartition » , a déclaré François Chérèque, sans rien dire de ses préférences