Francis Wurtz : « Les régions doivent se vendre au marché »

L’idée européenne, nous dit Francis Wurtz, c’est la coopération, non la concurrence. Or, la logique des traités européens contraint les régions à être concurrentes vis-à-vis des marchés. Et la réforme des collectivités territoriales ne pourra qu’accentuer cette tendance.

Michel Soudais  • 4 mars 2010 abonné·es
Francis Wurtz : « Les régions doivent se vendre au marché »
© AFP/DE SAKUTIN

Politis : En quoi l’Europe influe-t-elle sur les régions, leurs compétences et pouvoirs ?

Francis Wurtz : Les compétences des régions diffèrent d’un État à un autre. Ceci étant rappelé, il y a ­entre les politiques européennes actuelles et les régions des liens directs et des liens indirects. Le fait que les services publics soient directement impactés par la politique européenne du fait de leur libéralisation conduit les collectivités territoriales à suppléer les opérateurs ; par exemple, pour conserver des bureaux de poste. Le fait de mettre les finances publiques sur le gril européen conduit l’État à réduire sa dotation aux collectivités territoriales et donc à rendre beaucoup plus difficile le financement de leurs dépenses, comme la construction et l’entretien des lycées, dévolus aux régions. Cela revient à faire supporter aux régions les politiques d’austérité que programment l’État et l’Europe. Les conséquences indirectes sont plus nombreuses encore. Le fait que, dans le cadre des politiques européennes, on mette les régions en concurrence pour attirer les entreprises et les capitaux conduit le gouvernement Sarkozy à supprimer la taxe professionnelle. Et à ne pas la remplacer complètement de façon pérenne

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Publié dans le dossier
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Temps de lecture : 7 minutes