Régionales : le scrutin de tous les records
Les résultats du premier tour traduisent un net rejet de la politique du gouvernement. L’abstention massive témoigne de la perte de confiance des électeurs en leurs représentants. À gauche, les bons scores obtenus ne doivent pas masquer la volatilité de l’électorat.
dans l’hebdo N° 1094 Acheter ce numéro

Le premier tour des régionales pourrait rester dans les mémoires comme le scrutin de tous les records. Record d’abstention, symptôme d’une profonde crise de confiance politique. Record d’impopularité pour le gouvernement, puisque plus des deux tiers des électeurs qui se sont déplacés l’ont fait pour mettre dans l’urne un bulletin contre lui. Record de volatilité des votes d’un électorat de plus en plus zappeur. Record, enfin, pour la gauche, qui, toutes listes confondues, totalise 53,6 %. Mais si le scrutin de dimanche dernier traduit un net rejet de la politique de Nicolas Sarkozy, l’analyse des résultats de ce vote ne traduit pas une franche adhésion à un projet alternatif. Première donnée incontestable du scrutin, l’abstention (53,64 %) n’avait jamais atteint un tel niveau dans une élection locale. Le précédent record remonte aux régionales de 1998 (un seul tour) avec 42,3 % d’abstention. Au premier tour de 2004, elle était retombée à 39,16 %. Maigre consolation, les électeurs ont un peu plus voté qu’aux élections européennes de juin dernier, quand 59,37 % d’entre eux avaient boudé les urnes.
Si l’on note un surcroît d’abstention dans des départements et des régions qui avaient fortement voté en faveur de Nicolas Sarkozy en 2007, c’est cependant dans les villes populaires de banlieue qu’elle est la