Un totalitarisme pépère
À travers un jeu cruel fondé sur une expérience de psychologie, Christophe Nick s’interroge sur le pouvoir du petit écran. Un pouvoir qui ne manque pas de violence dissimulée.
dans l’hebdo N° 1093 Acheter ce numéro
Bienvenue à « Zone Xtrême ». Le jeu de la mort. Ou presque. Il est seul. Ploie sous les caméras, les éclairages, la foule agitée de techniciens. À côté de lui, une animatrice, star de la télé. Derrière lui, un public surchauffé. Et devant, dans une cabine, un autre candidat au jeu, comme lui. À cela près que celui-ci est attaché à une chaise, maintenu par des fils électriques. Le concept repose sur un principe de questions/réponses. Vingt-sept questions. À un mot est associé un autre mot. S’agit de s’en souvenir séance tenante, à la seule et unique énonciation. À chaque erreur du candidat, le questionneur lui inflige une punition. Un choc électrique. Plus violent au fur et à mesure du jeu. Autant de chocs répartis en sept zones d’intensité sur un pupitre, de 20 à 460 volts. C’est du brutal. Il a beau être entouré, cerné, illuminé par les spots, le questionneur est seul devant sa manette. Démuni. Il actionne, inflige. Ou pas.
À 180 volts, face au candidat qui hurle sa douleur et demande d’arrêter ce jeu de massacre, le questionneur se retrouve devant un choix. L’animatrice, en l’occurrence Tania Young, assène ses injonctions. « Ne vous laissez pas impressionner. C’est à vous, continuez. » Puis : « La logique du jeu veut que vous continuiez. » S’il hésite à envoyer sa châtaigne, à 320 volts, elle rassure : « Nous
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