Une crise politique et institutionnelle

La défaite de la droite ouvre une période d’incertitudes et de tensions. Au sein de la « majorité » mais surtout dans le pays, où le scrutin de dimanche encourage la contestation des réformes.

Michel Soudais  • 25 mars 2010 abonné·es

Les deux dernières années du quinquennat de Nicolas Sarkozy n’auront rien d’un long fleuve tranquille. Depuis dimanche, la majorité UMP apparaît tellement minoritaire que son pouvoir en est ébranlé. Juridiquement, on ne peut donner tort à François Fillon quand il déclare qu’«  on ne gouverne pas un grand pays comme la France au rythme des élections locales, mais en gardant le cap fixé par les élections nationales ». En démocratie, un scrutin ne peut être annulé que par un scrutin de même nature. Rien ne peut contraindre le président de la République à dissoudre l’Assemblée nationale, encore moins à remettre son mandat en jeu. Le Premier ministre peut donc se prévaloir de la légalité pour « poursuivre dans la voie des réformes engagées ».

Il a pour lui la légalité, mais quelle légitimité ? Le décalage entre le pays réel et sa représentation officielle n’a jamais paru aussi grand que depuis dimanche. Avec 35 % des suffrages (17 % des inscrits) l’UMP et ses alliées trustent 70 % des élus à

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Publié dans le dossier
Le sarkozysme en crise
Temps de lecture : 6 minutes