« Le premier voyage, c’est le rêve »
François Bourgeon, auteur et dessinateur de bande dessinée, ménage dans ses œuvres les surprises spatio-temporelles. Et réfléchit au sens du déplacement aujourd’hui.
dans l’hebdo N° 1112-1114 Acheter ce numéro
Politis : Vous préparez le dernier album du Cycle de Cyann. Peut-on parler d’immersion ? S’agit-il d’un voyage ?
François Bourgeon : Je me suis remis au travail sur le Cycle de Cyann [[Les albums de François Bourgeon sont publiés aux éditions 12 Bis.]], série de science-fiction que je réalise avec mon ami Claude Lacroix. Il m’aide à imaginer d’autres vies sur d’autres planètes. Dans cette série, on voyage dans l’espace, ce qui suppose l’utilisation d’appareils volants, mais on joue beaucoup avec la téléportation, un mode de déplacement qui n’est pas encore à notre portée… Et qui réserve des surprises spatio-temporelles : dans les albums 3 et 4, la jeune Cyann a pour mission de ramener tous les déportés sur Ilo, leur planète d’origine, et elle s’égare pendant les transferts. Ce sont donc des albums assez déroutants pour elle et pour le lecteur, contrairement aux deux premiers, qui racontaient une histoire puis laissaient les personnages libres de vivre leurs aventures. Le dernier album devrait donner des clés pour comprendre tous les autres… Nous sommes des rêveurs, ce qui nous distingue a priori de pas mal d’animaux. Le premier voyage, c’est donc le rêve, et notre faculté de nous évader à travers la littérature, le cinéma… Dans la Petite Fille Bois-Caïman, une partie se passe en Haïti – dans l’ancienne colonie française de Saint-Domingue –
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