Trois semaines pour étouffer « l’affaire »
Le ministre du Travail a-t-il couvert des faits d’évasion fiscale en échange d’un soutien financier à l’UMP ? Les révélations de Mediapart ont déclenché un séisme politique, suivi d’une riposte immédiate. C’est aujourd’hui la presse, coupable d’informer, qui est clouée au pilori.
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Du 16 juin au 1er juillet : aux origines de l’affaire
L’affaire Woerth-Bettencourt est une affaire gigogne. À l’origine, il y a l’action intentée par Françoise Bettencourt-Meyers, fille de la richissime Liliane Bettencourt, héritière de L’Oréal, contre le photographe mondain François-Marie Banier, accusé d’ « abus de faiblesse » . Celui-ci a reçu 600 millions d’euros de dons de la vieille dame (87 ans). Mais, le 16 juin, l’affaire prend une autre tournure avec la publication par le site Mediapart du contenu d’enregistrements effectués clandestinement par le majordome de Liliane Bettencourt en 2009 et 2010. Il est question de comptes en Suisse, d’une fondation au Liechtenstein et d’une île des Seychelles. Le fort soupçon d’évasion fiscale devient scandale politique lorsque l’on découvre que l’épouse d’Éric Woerth, ministre du Travail et ex-ministre du Budget, est employée de Patrice de Maistre, gestionnaire de la fortune de Liliane Bettencourt. Le ministre pouvait-il ignorer l’existence de comptes non déclarés ? A-t-il couvert une fraude fiscale en échange d’un soutien financier apporté par Liliane Bettencourt à la campagne de Nicolas Sarkozy ?
6 juillet : « méthodes fascistes »
Le soupçon prend consistance lorsque Mediapart et le Point publient le témoignage de l’ex-comptable des Bettencourt, Claire Thibout, faisant état de remise d’argent