Les étudiants, ces gêneurs…
La plus grande cité universitaire de France, à Antony, est en pleine phase de démolition. Des collectifs de résidents dénoncent des choix politiques inadaptés et se mobilisent pour la réhabilitation des logements.
dans l’hebdo N° 1115 Acheter ce numéro

Imaginez : onze hectares de terrain à Antony, dans les Hauts-de-Seine, face au parc de Sceaux, à proximité du RER B et à vingt minutes de Paris. Des espaces verts, des pistes cyclables qui rejoignent la ville, des équipements sportifs et culturels, un centre médical et dentaire, une salle de projection, des groupes d’étude et des bibliothèques, un restaurant universitaire… Et, surtout, sept bâtiments d’une capacité de plus de deux mille logements, dont le loyer minimum s’élève à 137 euros par mois ! Ce lieu, c’est la résidence universitaire Jean-Zay d’Antony (RUA), la plus grande de l’Hexagone, qui représente 16 % du logement social étudiant en Île-de-France.
C’est du moins la description que l’on pouvait donner d’elle il y a encore un an. Après un transfert de propriété effectué en janvier 2009, le Centre régional des œuvres universitaires et scolaires (Crous) de Versailles a dû céder ses droits, gratuitement, à la Communauté d’agglomération des Hauts-de-Bièvre (CAHB), dont dépend la ville d’Antony. Cela, grâce à la « loi relative aux libertés et responsabilités locales » présentée en 2004 par Patrick Devedjian, alors ministre délégué aux Libertés locales, et amendée en 2007. Cette loi stipule