« Des agricultures familiales disparaîtront »

Antoine Bouhey* explique les méfaits de l’accaparement des terres par de grands investisseurs
sur les populations locales. Un phénomène qui prend de l’ampleur, notamment en Afrique et en Amérique du Sud.

Xavier Frison  • 2 septembre 2010 abonné·es
« Des agricultures familiales disparaîtront »
© PHOTO : POURTIER/AFP Appel à signer en ligne contre un accaparement de 50 000 hectares au Kenya : * Chargé de mission Souveraineté alimentaire à l’ONG Peuples solidaires-ActionAid.

Politis : Qu’est-ce que l’accaparement des terres ?

Antoine Bouhey : On peut définir ce phénomène comme l’achat ou la location sur une longue durée – au moins 25 ans – de plusieurs milliers d’hectares de terres agricoles par des investisseurs privés ou publics, étrangers ou nationaux, sur un territoire donné. L’expression a été popularisée avec le contrat signé entre Madagascar et la multinationale Daewoo en novembre 2008, portant sur l’exploitation par la firme coréenne, à des fins d’exportation, de 1,3 million d’hectares de terres agricoles pendant 99 ans. On parle de 20 à 50 millions d’hectares déjà accaparés dans le monde. Rien que pour l’Afrique subsaharienne, la Banque mondiale et la FAO [Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture] estiment à 400 millions d’hectares les surfaces de terres « disponibles ». En plus de l’Afrique, l’Amérique du Sud, l’Asie centrale, l’Ukraine et la Russie sont les zones les plus

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Temps de lecture : 5 minutes