La boîte noire du monde

À Perpignan,
la vingt-deuxième édition du festival Visa
pour l’image a rendu compte d’une planète toujours en transe.

Jean-Claude Renard  • 2 septembre 2010 abonné·es
La boîte noire du monde
© PHOTO : WILLIAM KLEIN Visa pour l’image, Perpignan. Entrée libre, 10 h-20 h, jusqu’au 12 septembre.

La tête d’un Afghan drapé dans une couverture, à l’abri dans un wagon abandonné sur une voie. Une poignée de migrants escaladant une grille donnant sur le terrain où se déroule la distribution de repas, deux fois par jour. D’autres encore, dans une file d’attente pour glaner aussi de quoi croûter un peu. Ce sont toujours les mêmes produits qui reviennent, dont la date de péremption est souvent dépassée. Difficile de râler, la pitance est gratuite. Une soirée à se tenir chaud autour d’un feu. Un campement de fortune qui tente de passer à travers les mailles des filets policiers. Des impressions d’échappées pas forcément belles. Une arrestation sous un pont. Plus loin, une douche improvisée dans les eaux industrielles usées de la ville. Les jours sont longs, rythmés par les repas, les occasions rares de se rendre en Angleterre. Des jours qui se lèvent, se succèdent, se ressemblent. Noir sur noir. L’image de Carsten Snejbjerg ne connaît pas le blanc. Elle pousse au mieux du côté des gris, au diapason de la jungle de Calais. On estime à 5 millions le nombre de migrants clandestins qui

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Culture
Temps de lecture : 6 minutes