Une cosmo-politique de l’accueil
À rebours de la xénophobie d’État, une véritable politique de l’accueil des étrangers passe par la nécessité
de trouver du « commun » en dehors de la simple appartenance.
dans l’hebdo N° 1116 Acheter ce numéro

Politis : En décembre 2008, au retour d’un congrès de philosophie à Kinshasa, vous êtes arrêté à Roissy avec une de vos collègues par la police de l’air et des frontières, et placé en garde à vue pour « outrage, menace à agents de la force publique et opposition à mesure de reconduite aux frontières » en raison d’un incident qui s’était déroulé à l’aller. Que s’est-il passé ? Cela a-t-il été le point de départ de ce travail sur la philosophie politique de la question de l’accueil ?
Yves Cusset : Je savais, en partant à Kinshasa pour un colloque « Culture du dialogue et passage des frontières », que la probabilité était forte qu’il y ait des reconduites dans l’avion. Je savais que je ne pourrais rester passif dans ce cas-là, non pas seulement pour des raisons d’engagement politique, mais plus banalement par refus moral d’une situation inhumaine. Avec deux collègues, nous avons juste posé des questions aux policiers sur la présence de personnes menottées et escortées dans l’avion, et refusé de nous asseoir avant de les obtenir, malgré l’insistance du personnel de bord et les sommations des policiers. L’affaire a été à mon goût beaucoup trop médiatisée, parfois au détriment du débat sur la question politique de l’accueil. Mais j’allais à Kinshasa pour parler de ces problèmes, et le projet du livre existait déjà.
En vous appuyant sur les