Netcacao ne veut pas être chocolat
La chocolaterie de Saint-Menet se bat pour sa survie, après avoir perdu son partenariat avec Nestlé. Alors que le gouvernement prétend faire de l’industrie sa priorité, les pouvoirs publics ne se mobilisent guère.
dans l’hebdo N° 1136 Acheter ce numéro

Ce qui frappe d’abord, c’est l’odeur. Au bord de l’autoroute, à deux pas du centre commercial de la Valentine, dans l’est marseillais, l’odeur de chocolat l’emporte sur celle des gaz d’échappement. Sur des silos, un nom se détache : Netcacao. Depuis 1952, la chocolaterie de Saint-Menet embaume les environs. Elle a pourtant connu des moments difficiles. En 2004, Nestlé, après avoir transféré une partie de sa production en Espagne et en Italie, avait décidé de fermer ce site employant 427 personnes. Commence alors un bras de fer qui s’achèvera par la victoire des travailleurs. En 2006, la chocolaterie est reprise par Netcacao, filiale d’un groupe agroalimentaire, et la multinationale helvétique est contrainte par une convention de maintenir la production de Netcacao. 180 emplois sont sauvés [^2].
Mais aujourd’hui, la chocolaterie tourne au ralenti. La faute à la flambée des prix des matières premières, celui du cacao ayant augmenté de 30 % en un an. Mais en partie seulement. La convention qui obligeait Nestlé à travailler avec les nouveaux propriétaires s’est achevée fin 2009. Cet accord