États-Unis : « Une rage antigouvernementale »

Après le drame de Tucson, en Arizona – une fusillade meurtrière visant une députée démocrate –, Mark Potok analyse le phénomène de la violence aux États-Unis.

Alexis Buisson  • 10 février 2011 abonné·es

Politis : En 2009, dans un rapport sur la prolifération des milices armées, vous compariez le contexte politique à celui qui a précédé l’attentat d’Oklahoma City en 1995 [^2]. Comment les événements de Tucson s’inscrivent-ils dans ce contexte ?

Mark Potok : Juste avant Oklahoma, la fureur antigouvernementale était très répandue, et il y avait une grande volatilité politique. Puis il y a eu une étincelle : le siège de Waco [avec 82 morts, l’offensive des forces de police contre le groupe religieux des Davidiens dans la ville de Waco, au Texas, est vue comme l’action la plus meurtrière d’un gouvernement américain contre sa population depuis la guerre de Sécession, NDLR] . Nous avons renoué avec ce climat politique et social tendu depuis qu’Obama a été élu. Il y a un an, un homme a écrasé son avion sur le bâtiment de l’IRS, le fisc américain, à Austin. Autour de la même période, les membres de la milice Hutaree, qui avaient l’intention de

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