Les terres convoitées de l’Afrique
De plus en plus d’investisseurs accaparent des surfaces cultivables pour la production d’aliments destinés à l’étranger ou la spéculation. Présents au FSM, paysans et ONG organisent la résistance.
dans l’hebdo N° 1140 Acheter ce numéro
La vallée du Niger, artère verte et capital agraire du Mali. Ses berges pourraient offrir un million d’hectares de terres irrigables, mais à peine 10 % sont aujourd’hui mises en valeur au profit des populations locales. Le gouvernement allègue un manque de moyens. Mais quand le prix mondial des céréales est monté en flèche, en 2007, des investisseurs étrangers se sont rués sur la vallée. Des consortiums se sont créés pour produire des aliments destinés à des pays en manque de matières agricoles. C’est le cas avec Malibya, une société qui produit du riz pour la Libye, et qui s’est approprié 100 000 hectares de la vallée du Niger. Pour les irriguer, il a fallu construire un canal de 40 kilomètres de long et 125 mètres de large, rasant tout sur son passage – cimetières, périmètres maraîchers… Au total, le gouvernement malien aurait déjà cédé