Accident nucléaire de Fukushima : « Une catastrophe gravissime »

Alors que trois des six réacteurs de la centrale de Fukushima au Japon sont partiellement en fusion, des taux de radioactivité préoccupants ont été mesurés à Tokyo. Xavier Rabilloud, porte-parole du réseau Sortir du nucléaire, ne cache pas son inquiétude.

Cet article est en accès libre. Politis ne vit que par ses lecteurs, en kiosque, sur abonnement papier et internet, c’est la seule garantie d’une information véritablement indépendante. Pour rester fidèle à ses valeurs, votre journal a fait le choix de ne pas prendre de publicité sur son site internet. Ce choix a un coût, aussi, pour contribuer et soutenir notre indépendance, achetez Politis, abonnez-vous.


Les pires craintes se confirment en partie, après l’explosion survenue dans le réacteur n°2 de la centrale de Fukushima, à 6h10 (heure locale) mardi matin, et l'incendie du réacteur n°4 qui a libéré des substances radioactives dans l’atmosphère. Les employés de la centrale tentent de refroidir les réacteurs avec de l’eau de mer.

Une bataille dérisoire, tandis que les cœurs de trois réacteurs sont entrés partiellement en fusion. À Tokyo et dans le Nord-Est du Japon, les niveaux de radioactivité ont « considérablement augmenté » d’après les informations du Premier ministre, Naoto Kan. Des prélèvements ont révélés des doses parfois dix fois supérieures à la normale.

Xavier Rabilloud, porte parole du réseau Sortir du nucléaire, est particulièrement alarmiste et dénonce le discours tranquilisant des autorités françaises et japonaises.

Où en est-on actuellement ?

Clairement, nous sommes devant une catastrophe gravissime et indéniable, le deuxième accident le plus grave de l’histoire nucléaire. La radioactivité a atteint Tokyo, une agglomération de 35 millions d’habitants. Il est d’ores et déjà certain que des centaines de milliers de Japonais seront exposés à une contamination grave.

Il faut surtout dire que les doses « autorisées » ou « admissibles » dont on entend parler n’ont aucune base scientifique et médicale. Il n’y a pas d’exposition radioactive qui soit sans conséquence pour la santé. Les démonstrations ont été faites après l’accident de Tchernobyl que des expositions, même à des doses faibles de radioactivité, ont un impact sur la santé. Les conséquences sanitaires et génétiques du drame de Fukushima seront importantes et pas seulement ponctuelles. Il est donc à craindre de façon quasi certaine qu’il s’agisse d’une catastrophe majeure à l’échelle du Japon. Nous craignons un impact sur plusieurs générations. Il y a désormais des craintes importantes pour les pays proches du Japon.

Malheureusement, nous voyons bien d’heure en heure la catastrophe se dessiner, hors du contrôle des autorités. La situation est absolument critique. Dans le pire des scénarios, nous pourrions faire face à une catastrophe pire que celle ce Tchernobyl, car à Fukushima, il y a trois réacteurs en situation critique (contre un en cause dans la catastrophe ukrainienne d’avril 1986) et le combustible utilisé, le MOX, contient une quantité importante de plutonium, l'un des radioéléments les plus dangereux : en respirer un microgramme peut suffire à déclencher un cancer du poumon.

La transparence de l'information est-elle satisfaisante ?

Nous n’avons pas d’éléments précis sur la situation des réacteurs qui sont partiellement en fusion. Il demeure de grosses incertitudes. L’enceinte de confinement est-elle percée ? Où en est la fusion ? Nous tentons donc de rassembler des informations et surtout de communiquer sur l’ampleur de la catastrophe.

Les autorités françaises tentent de minimiser. Leur discours évolue au fil des heures, mais elles restent tenues par des enjeux financiers et économiques par rapport à la filière nucléaire. Il y a une forte collusion entre l’Etat et l’industrie et notre rôle aujourd’hui est d’informer et d’alerter sur la gravité de la situation.

Au Japon, les autorités minimisent surtout les risques sanitaires en diffusant des informations erronées sur les doses de radioactivité prétendument «inoffensives». Nous essayons donc de rappeler l’ampleur du risque, notamment une irradiation chronique des populations pendant des mois, voire des années.


Photo : AFP

Haut de page

Voir aussi

Ouvrez les fenêtres, lisez la presse indépendante

Tribunes accès libre
par ,

 lire   partager

COP 26 : la fin du blabla ?

Écologie
par ,

 lire   partager

Articles récents

Campagne d’appel à dons

Appel à dons : Politis a besoin de vous !
Consultez la page dédiée à la campagne

YesYes se tient plus que jamais à votre service !

Souhaitez-vous recevoir les notifications de la rédaction de Politis ?

Ces notifications peuvent être facilement desactivées par la suite dans votre navigateur.