Comment éteindre le photovoltaïque
Après trois mois de moratoire sur les projets de centrales solaires, le gouvernement a décidé de réduire drastiquement les aides financières à la filière, qui dénonce un étranglement programmé.
dans l’hebdo N° 1142 Acheter ce numéro

Des aides financières qui fondent, des conditions d’accès durcies, un développement arbitrairement bridé : les acteurs du photovoltaïque sont sous le choc, alors que le gouvernement vient de dévoiler les nouvelles modalités de soutien à la filière. « Elles programment la division par 2 de son chiffre d’affaires » , calcule Raphaël Claustre, directeur du Comité de liaison des énergies renouvelables, qui regroupe principalement des associations. Le très modéré Syndicat des énergies renouvelables (SER), porte-voix des grands opérateurs, a réagi avec une virulence inaccoutumée, déplorant l’incohérence du gouvernement : « Son changement de cap brutal se traduirait à brève échéance par la disparition d’une grande partie des entreprises […], et plus de 25 000 emplois seraient détruits d’ici à l’année prochaine » si les textes en projet restaient en l’état. Ils devaient passer devant le Conseil supérieur de l’énergie (CSE) mercredi 2 mars, mais l’arbitrage du Premier ministre, François Fillon, livré le 22 février, semble irrévocable.
Le monde du photovoltaïque avait déjà vécu un choc le 9 décembre dernier, quand un décret avait gelé pour trois mois – et avec effet rétroactif – toute nouvelle installation [^2]. Raison officielle : l’inflation