Les chômeurs en panne de réveil
Très mobilisées à la fin des années 1990, les associations de chômeurs et de précaires peinent aujourd’hui à rassembler. Alors même que le chômage et la précarité explosent. À quand une prise de conscience ?
dans l’hebdo N° 1142 Acheter ce numéro

Hiver 1997. 12,4 % d’actifs pointent à l’ANPE. La suppression brutale des fonds sociaux de l’Assedic – ces caisses destinées à aider ponctuellement les chômeurs les plus en difficulté – a mis le feu aux poudres. Les occupations spontanées d’ANPE et d’Assedic se multiplient. Comme ailleurs en Europe, les marches de chômeurs déferlent sur l’Hexagone. En tête des cortèges, « la bande des quatre », composée de la CGT-Chômeurs et de trois associations nées dans les années 1980-1990 : Agir ensemble contre le chômage (AC !), l’Association pour l’emploi et la solidarité des précaires (Apeis) et le Mouvement national des chômeurs et précaires (MNCP). Tous unis face au gouvernement Jospin pour réclamer une prime de Noël de 3 000 francs, la hausse des allocations et leur représentation dans les instances décisionnaires de l’assurance-chômage. La fronde est soutenue par 8 Français sur 10, qui découvrent l’hyperchômage, avec ses dégâts sociaux et psychologiques. Un chômage massif et de longue durée, dont les spécialistes prédisent la disparition en… 2010.
Depuis trois ans, le chômage est reparti de plus belle. Cinq