Une croissance très cher payée
Les bons chiffres de l’économie allemande masquent une austérité faite d’absence de salaire minimum, de grandes disparités Est-Ouest, de « minijobs » sous-payés, et de généralisation de l’intérim.
dans l’hebdo N° 1143 Acheter ce numéro
C’est à n’y plus rien comprendre. Les patrons eux-mêmes se mettent à demander un salaire minimum en Allemagne. Le premier d’entre eux, le président de la confédération des associations d’employeurs BDA, Dieter Hundt, a ouvert le bal en décembre. Il demande une rémunération plancher pour les intérimaires ! Le directeur de la chaîne discount Lidl, Jürgen Kisseberth, a suivi. Beaucoup plus audacieux, il souhaite un salaire minimum général de 10 euros de l’heure (qu’il a lui-même introduit dans son entreprise), pour freiner le dumping salarial. Des revendications patronales que l’on n’entendra jamais de ce côté-ci du Rhin… La proposition a toutefois provoqué un tollé auprès des chefs d’entreprises de la Fédération allemande du commerce (HDE), qui la jugent irréaliste. Si même des patrons réclament un salaire minimum, c’est que la situation est loin d’être rose au sein du modèle allemand.
L’Allemagne est le pays de l’Union européenne où les salaires ont le moins progressé en dix ans [^2]. Compte tenu de l’inflation, ceux-ci auraient même baissé de 4,5 % ces dix dernières années dans le privé, selon l’Organisation internationale du travail. En France, ils ont progressé de
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