Candidature écolo : l’éthique ou l’ouverture ?
Entre la juge inflexible et l’animateur populaire, qui portera les couleurs vertes en 2012 ? Eva Joly bénéficie d’une image d’indépendance vis-à-vis de tous les pouvoirs. Mais Nicolas Hulot, mieux préparé, a pour l’instant la sympathie des électeurs.
dans l’hebdo N° 1149 Acheter ce numéro

À ma droite, Nicolas Hulot, 55 ans, animateur cathodique, ex-président de la fondation qui portait son nom. À ma gauche, Eva Joly, 67 ans, franco-norvégienne, ancienne juge d’instruction du pôle financier, députée européenne. L’animateur et la juge vont s’affronter pour l’investiture écologiste.
Popularité : avantage HulotC’est le principal atout de Nicolas Hulot face à Eva Joly. Après vingt-trois ans d’émissions « Ushuaïa » sur TF 1, la notoriété du candidat traverse tous les milieux, toutes les générations et toutes les classes sociales. Sa déclaration de Sevran a fait mouche. Et son côté candide séduit. Son entrée dans l’arène politique est présentée comme le prolongement nécessaire d’un engagement consensuel qui a échoué à faire bouger les choses. Le durcissement de son discours, contre les « diktats d’un mode de production et de consommation contaminé par l’illusion de la croissance » , « la frénésie du toujours plus » ou « la compétition agressive » , ne répond pas à des a priori idéologiques mais est le fruit de son expérience. Et cette démarche semble plaire. Mais elle intervient après deux décennies de compromis – certains diront compromissions – avec ceux-là mêmes qui ont participé à la « fuite en avant productiviste » et aux « délires ultralibéraux » que le candidat dénonce aujourd’hui. C’est le revers de la médaille Hulot : son angélisme récent vis-à-vis des multinationales et du pouvoir politique risque de se muer en boulet que le candidat
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