Des campagnes autonomes en énergie
Les territoires ruraux commencent à exploiter leurs ressources en biomasse, vent ou soleil. Un colloque en Côtes-d’Armor a montré l’ampleur des ambitions et le dynamisme qu’elles génèrent localement.
dans l’hebdo N° 1158 Acheter ce numéro

Prato-allo-Stelvio a gagné son autonomie énergétique. Aujourd’hui, ses 3 300 habitants produisent sur leur territoire plus d’électricité et de chaleur qu’ils n’en consomment. Sans un kilowattheure d’énergies fossiles. Dans ce village isolé de la province de Bolzano, au nord de l’Italie, tout le monde parle encore l’allemand et se revendique du Sud-Tyrol, survivance de l’appartenance à l’ex-empire austro-hongrois. Un esprit de résistance culturelle soutenu par une forte tradition d’action collective. En 1925, crise économique. Le prix de l’électricité atteint des sommets pour ces agriculteurs pauvres. Six d’entre eux décident de construire une petite centrale hydroélectrique, alimentée par les eaux du glacier Stelvio. « Ça nous a coûté l’équivalent de 300 vaches ! », souligne Georg Wunderer, dont le grand-père était de l’aventure, lors des premières rencontres « Énergies et territoires ruraux », tenues du 15 au 18 juin dans la communauté de communes du Mené (Côtes-d’Armor), entre Rennes et Saint-Brieuc.
Une souscription auprès des habitants de Prato-allo-Stelvio permet alors de couvrir une partie du financement. La coopérative Energetica est fondée pour l’occasion. Elle existe encore, avec une envergure insoupçonnée. Près de 35 millions d’euros ont été investis depuis vingt-cinq ans dans les énergies renouvelables, pour la production et la distribution d’électricité, mais aussi de chauffage. Un plébiscite : la coopérative compte aujourd’hui 1 095 membres, autant dire que la