Le Portugal réprime moins, soigne plus

La législation portugaise a décriminalisé en 2000 l’usage de toutes les drogues illicites pour privilégier une approche de santé publique. Avec des résultats positifs. Reportage.

Olivier Doubre  • 30 juin 2011 abonné·es

Lisbonne, mercredi 15 juin 2011, 10 heures du matin. Composée d’un médecin, d’éducateurs et de plusieurs infirmiers, l’équipe mobile de distribution de méthadone et d’échanges de seringues de l’association Ares do Pinhal vient de garer ses deux bus sur le bas-côté de la voie rapide qui traverse les quartiers défavorisés de l’est de la capitale portugaise. Aux alentours, des cités HLM s’élèvent au milieu des terrains vagues. Quelques héroïnomanes accourent à pied, visiblement ­pressés de boire leur sirop de méthadone. Les unes après les autres, des voitures s’arrêtent à proximité : une mère de famille d’une soixantaine d’années, un homme à l’apparence de cadre supérieur… Chacun donne son numéro d’identifiant, garant de son anonymat. L’infirmier parcourt alors sa fiche individuelle et lui délivre d’abord ses médicaments -- avant son dosage de méthadone. Une façon de s’assurer que la personne suit bien son traitement, le plus souvent contre le sida ou la tuberculose


Soudain, une voiture de police se range à côté des bus. Personne ne semble y prêter attention, et, encore moins, ne tente de fuir. Les agents font alors descendre un homme d’une trentaine d’années, lui enlèvent ses menottes et ­l’accompagnent jusqu’à l’infirmier, qui, grâce à

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Publié dans le dossier
Drogues, pourquoi il faut dépénaliser
Temps de lecture : 7 minutes