« L’Espagne indique la voie contre la farce des fausses alternances »

Olivier Doubre  • 2 juin 2011 abonné·es

Politis : Contre qui ou quoi se mobilisent les indignados de Madrid ?


Yann Moulier Boutang :

Tout d’abord contre les conséquences de quarante-cinq ans de politique néolibérale de flexibilité du contrat de travail, en tant que précaires de tous acabits. Voilà pour l’analyse traditionnelle, qui les voit comme des gens à qui il manque la plénitude d’un véritable statut, donc comme des moitiés d’employé. Il suffit de penser à nos intermittents du spectacle, qui n’en finissent pas de lutter pied à pied contre les incessantes tentatives de rogner sur les quelques espaces conquis avec leur statut. D’ailleurs, la Coordination nationale des intermittents n’a plus de local digne ce nom ; peut-être un jour occuperont-ils avec d’autres nos Puerta del Sol parisiennes, comme les intérimaires, les doctorants et post-doctorants payés misérablement, ou les sans-papiers venus de Tunisie. 
Mais les indignados sont aussi le produit de la nouvelle composition du capitalisme cognitif, c’est-à-dire le cœur de la production des savoirs, d’apprentissage, de constitution de bases de données. Une composition sociale qui comprend aujourd’hui, chez nous, peut-être un peu moins d’employés de centres d’appels, d’ouvriers

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Publié dans le dossier
Places de la résistance
Temps de lecture : 7 minutes