« Le mal-logement s’accroît »

Paris a éradiqué les immeubles insalubres mais n’arrive pas à répondre aux demandes d’habitat social. L’analyse de la sociologue Pascale Dietrich-Ragon*.

Ingrid Merckx  • 8 septembre 2011 abonné·es

Politis : Vous avez enquêté auprès de plus de 500 mal-logés à Paris. Qui sont-ils ? 


Pascale Dietrich-Ragon : Auparavant, les occupants de logement insalubres présentaient un handicap social fort, la question du mal-logement recoupait celle de l’exclusion. Aujourd’hui s’ajoute une nouvelle frange de la population qui travaille et est insérée socialement, mais n’arrive plus à se loger dans des conditions décentes. La crise du logement s’élargit.
Pour la majorité des mal-logés, mieux vaut cependant un logement insalubre à Paris qu’un logement correct en banlieue. Ils pensent avant tout au destin scolaire de leurs enfants et à la qualité du voisinage, et estiment qu’aller en banlieue, c’est se mettre encore plus en danger socialement. Tous les enfants que j’ai vus étaient scolarisés. Mais ils souffraient de problèmes de santé et d’un profond mal-être entraînés par la suroccupation et les problèmes de leurs parents. Le mal-logement a des répercussions sur l’ensemble de la vie

Envie de terminer cet article ? Nous vous l’offrons !

Il vous suffit de vous inscrire à notre newsletter hebdomadaire :

Vous préférez nous soutenir directement ?
Déjà abonné ?
(mot de passe oublié ?)
Société
Temps de lecture : 5 minutes

Pour aller plus loin…

En CRA, le double enfermement des personnes psychiatrisées
Analyse 27 février 2026 abonné·es

En CRA, le double enfermement des personnes psychiatrisées

En centre de rétention administrative, les personnes souffrant de troubles psychiatriques sont de plus en plus nombreuses. Parfois arrêtées directement à la sortie de l’hôpital psychiatrique, elles risquent, une fois en CRA, d’être placées à l’isolement. Ce qui aggrave leur santé mentale.
Par Pauline Migevant
Ahmed N. voulait « soigner sa tête » : à Calais, les exilés abandonnés face aux souffrances psychologiques
Enquête 27 février 2026

Ahmed N. voulait « soigner sa tête » : à Calais, les exilés abandonnés face aux souffrances psychologiques

Ahmed N., un exilé érythréen souffrant de troubles psychologiques, est mort sur un parking près de Calais en mai dernier. Malgré les alertes, les associatifs ont fait face à de nombreux dysfonctionnements venant de l’hôpital de Calais concernant sa prise en charge.
Par Maël Galisson
Minute de silence pour Quentin Deranque : « Une ligne rouge a été franchie »
Polémique 25 février 2026 abonné·es

Minute de silence pour Quentin Deranque : « Une ligne rouge a été franchie »

Offusqué·es par la minute de silence observée à l’Assemblée nationale pour Quentin Deranque, y compris à gauche, plusieurs citoyen·nes ont écrit à leur député·e pour l’interpeller.
Par Pauline Migevant
Antifascisme : quand la gauche doute de son combat historique
Analyse 25 février 2026

Antifascisme : quand la gauche doute de son combat historique

Face à la tentation de renvoyer dos à dos « les extrêmes », aux fractures internes et aux ambiguïtés stratégiques, une question traverse le débat public : en brouillant les repères de son combat historique contre l’extrême droite, la gauche ne risque-t-elle pas de s’égarer elle-même ?
Par Pierre Jacquemain