17 octobre 1961, « crime contre la dignité des peuples »

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En déposant une gerbe de fleurs devant la plaque dédiée aux Algériens morts au cours de la manifestation du 17 octobre 1961, plaque qu’il a faite apposer dès son élection, le maire de Paris a déclaré, en ce cinquantième anniversaire du massacre, « accomplir ce geste pour l’honneur de Paris et pour l’honneur de la France » . Ce symbole est fixé à deux pas de la place Saint-Michel, l’un des lieux de rassemblement des Algériens venus ce soir-là manifester pacifiquement contre un couvre-feu raciste qui les visait. Plus précisément, la plaque orne la façade de la préfecture de police où auraient été tués une cinquantaine d’Algériens, dont certains ont ensuite été jetés à la Seine.

L'allocution de Bertrand Delanoë, sobre mais empreinte d'émotion, a été prononcée devant le recteur de la grande mosquée de Paris, Dalil Boubakeur, et l’ambassadeur d’Algérie en France, Missoum Sbih. Le maire de Paris a souligné que, pour lui, « il n’y a pas de dignité, d’avenir ni d’espérance sans le courage de la vérité » . Dédiant ce geste « aux victimes, à celles et ceux qui étaient ici et qui heureusement n’ont pas connu le pire, à la jeunesse algérienne et à la jeunesse française » , le premier édile de la capitale a aussi exprimé « sa fierté et son émotion » de déposer une gerbe portant à la fois le nom de l’ambassadeur d’Algérie et du maire de Paris, regrettant ainsi à demi-mots l’absence de toute représentation de l’Etat pour commémorer un massacre commis par la police parisienne sous l’autorité de son préfet Maurice Papon, et couvert par le ministre de l’Intérieur et le Premier ministre de l’époque, Roger Frey et Michel Debré.

On pouvait apercevoir dans l'assistance de cette commémoration les élus de gauche de Paris, de la sénatrice PCF Nicole Borvo à la première adjointe de la Ville Anne Hidalgo, du maire-adjoint à la Culture Christophe Girard à l’ancien maire du XIe arrondissement (MRC) Georges Sarre. Etaient également présents le maire du IIe arrondissement, Jacques Boutault, le maire-adjoint à l’Environnement Denis Beaupin, le conseiller de Paris Sylvain Garrel (tous EELV) ou l’historien Jean-Luc Einaudi, dont les ouvrages ont largement contribué à raviver la mémoire de cet événement majeur de la guerre d’Algérie en plein Paris. Vus aussi, maître Rappaport, longtemps avocat de l’historien Pierre Vidal-Naquet ou le président de la Ligue des droits de l’Homme, Pierre Tartakowsky. La droite parisienne brillait, elle, par son absence totale à cette cérémonie.


Photo : Bertrand Delanoë accueille l’ambassadeur d’Algérie, Missoum Sbih, devant la plaque commémorant le massacre du 17 octobre 1961. A gauche, Nicole Borvo, sénatrice de Paris et présidente du groupe PCF au Sénat. / O. Doubre

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