Gaz de schiste : trois permis d'exploration abrogés

Trois permis d'exploration du gaz de schiste en France ont été abrogés lundi 3 octobre par le gouvernement. Douze permis restent encore valables, tandis que le double discours de Nicolas Sarkozy sur la question agace.

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C'est une victoire symbolique pour les opposants français au gaz de schiste : trois permis d'exploration, couvrant 9 672 km2 de terre sur sept départements dans le sud de la France, ont été abrogés par le ministère de l'Environnement lundi 3 octobre. Total et l'américain Schuepbach n'ont pas pu présenter d'alternative à la technique très polluante de « fracturation hydraulique », interdite par la loi du 13 juillet 2011.

À huit mois des élections présidentielle et législative, le gouvernement cède donc – pour le moment et partiellement – à la pression des élus locaux et du mouvement citoyen. «  Satisfait  », José Bové a demandé des garanties sur les 61 permis d'exploration encore en vigueur. 12 d'entre eux concernent des hydrocarbures « non conventionnels » et perdurent sous couvert de « l'engagement formel » des industriels à « ne pas recourir à la fracturation hydraulique » comme le martèle Nathalie Kosciusko-Morizet, ministre de l'Ecologie.

Total a demandé des explications « pour comprendre sur quelles bases légales » son permis dit de Montélimar a été annulé, étant donné son engagement «sans aucune ambiguïté» à n'utiliser aucune technique interdite. Le pétrolier français « déclare vouloir maintenant chercher des hydrocarbures classiques, donc non gaz de schiste, dans une zone où le potentiel est très limité et alors même qu'il se désintéresse de la recherche du conventionnel sur le territoire terrestre français depuis des années» , observait lundi Nathalie Kosciusko-Morizet.

La détermination des industriels à contourner l'interdiction reste donc intacte. D'autant que la loi laisse la voie libre à des alternatives hypothétiques à la fracturation hydraulique, seule technique connue à l'heure actuelle. « Les expérimentations réalisées à seule fin de recherche scientifique » restent ainsi possibles sur le sol français, d'après la loi de juillet 2011.

Du côté de l'Elysée, la position de Nicolas Sarkozy sur ce dossier très impopulaire ressemble fort à de l'opportunisme électoral, à quelques mois de la présidentielle de 2012. Le 3 juin dernier, le président français avait ainsi souhaité « rassurer » le Premier ministre polonais Donald Tusk, intéressé par la manne que le gaz de schiste pourrait représenter pour son pays : « On sait que le gaz de schiste est important pour vous , déclarait Nicolas Sarkozy à l'issue d'un entretien avec Donald Tusk. On ne veut pas vous créer des difficultés au niveau européen » .


Photo : AFP / Denis Charlet

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