Malades ? Et puis quoi encore !
Une campagne gouvernementale dénonce la « fraude » des salariés. Une posture préélectorale et idéologique qui révèle un déni de la dégradation des conditions de travail.
dans l’hebdo N° 1178 Acheter ce numéro
«Frauder, c’est voler ! » : c’est la conclusion d’un scénario mis en place dans une campagne de communication du ministère du Budget. Lancée le 29 août pour trois semaines sur les radios généralistes, elle donne à entendre un curieux monologue imaginé par l’agence Publicis sur commande du gouvernement : celui d’un salarié très tenté par un arrêt maladie (comme s’il en pleuvait), dont il imagine « douillettement » qu’il va lui servir à « repeindre sa cuisine » . Et non pas à se remettre d’un épuisement moral ou d’un burn-out, risques qui affectent plus sûrement des millions de salariés et qui sont bien sûr absents de la campagne…
Heureusement, et grâce à l’alerte de sa conscience morale activée par les gendarmes gouvernementaux, le salarié se reprend juste à temps, comprenant que cet arrêt qu’il souhaite s’octroyer va pénaliser ses collègues de bureau et contribuer à creuser le trou de la Sécurité sociale, soit 30 milliards d’euros en 2011. Cette volte-face vise ainsi à inciter les salariés à prendre sur eux pour rétablir les
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