Le grand tournant palestinien

Reportage. La nouvelle stratégie de l’Autorité est jugée différemment selon que l’on habite à Ramallah ou dans un village étouffé par le mur. Par notre envoyé spécial en Cisjordanie, Denis Sieffert.

Denis Sieffert  • 22 décembre 2011 abonné·es

L’expression est de Gideon Levy, le remarquable éditorialiste du quotidien israélien Ha’aretz. Le problème palestinien, dit-il, s’est effacé comme « par évaporation ». « Imperceptiblement » , le conflit a disparu des conversations à Tel-Aviv ou à Jérusalem. Les chauffeurs de taxi qui, naguère, attaquaient immédiatement le sujet dès que vous aviez mis un pied dans la voiture, aujourd’hui vous parlent d’économie, de la menace iranienne, ou de rien du tout. C’est le drame des Palestiniens. On parle d’eux quand le sang coule, quand il y a des attentats, ou quand l’aviation israélienne déverse ses bombes sur Gaza. Mais dès que s’installe une apparence de paix, c’est l’indifférence ou l’oubli.

Le plus étonnant, c’est que c’est un peu la même chose côté palestinien. Lundi 12 décembre, à Ramallah, des intellectuels et des cadres du Fatah, le mouvement historique de la résistance palestinienne, s’étaient réunis pour parler des révolutions arabes. En trois heures de débats, il ne fut question qu’une fois du conflit

Envie de terminer cet article ? Nous vous l’offrons !

Il vous suffit de vous inscrire à notre newsletter hebdomadaire :

Vous préférez nous soutenir directement ?
Déjà abonné ?
(mot de passe oublié ?)
Monde
Temps de lecture : 10 minutes