Dégâts de l’ibère libéralisme
Dans ce pays où le gouvernement milite pour la flexibilité du salariat, la gestion de la station de ski de Formigal révèle les dérives d’un système économique.
dans l’hebdo N° 1196 Acheter ce numéro
De loin, Formigal pourrait se confondre avec bien d’autres stations de ski, avec ses longues remontées mécaniques parcourant les Pyrénées, ses boutiques colorées et ses restaurants bruyants, bordés d’immenses parkings. De l’intérieur, elle est l’incarnation des dérives politico-financières qui ont conduit l’Espagne à la récession. Dans un pays où le chômage touche près de 25 % de la population, la réforme souhaitée par le Premier ministre, Mariano Rajoy, visant à flexibiliser le marché du travail, a peu de chances d’assainir une économie gangrenée par les privilèges, la corruption et les conflits d’intérêts.
La station de ski de Formigal est gérée depuis 2002 par Aramon, société d’exploitation semi-publique créée conjointement par le gouvernement autonome d’Aragon et la toute-puissante banque Ibercaja. À l’époque, c’est l’effervescence dans le secteur de la construction : le royaume ibérique est alors le deuxième consommateur de ciment au monde après la Chine. Ibercaja se lance dans un vaste plan d’urbanisation, qui se révèle rapidement très lucratif.
Dénoncée dès sa réalisation par les écologistes de la