La mascarade de Tarnac

Après trois ans d’enquête, David Dufresne revient dans un essai captivant sur cette ubuesque affaire de « terrorisme » qui en dit long sur la France de Sarkozy et le rôle joué par la presse.

Ingrid Merckx  • 15 mars 2012 abonné·es

Pendant trois ans, David Dufresnes, journaliste indépendant, passé par Libé et Mediapart, a épluché des ­procès-verbaux. Il s’est imprégné de l’atmosphère du plateau de Millevaches et a écumé les routes de campagne et les cafés pour rencontrer les protagonistes de « l’affaire Tarnac ».

Trois ans pour faire la lumière sur « ce quelque chose qui a ripé dans la France sarkozyenne de la fin des années 2000 » , et qui continue d’inquiéter une dizaine de personnes, leur entourage, leurs voisins, jusqu’à leurs copains éloignés, sans qu’aucune pièce du dossier ne vienne le justifier. Juste un soupçon, un délit de « sale politique » , le profil idéal pour un pouvoir trop content de distinguer un ennemi intérieur qui, pour une fois, ne serait pas bronzé. « Ça nous changeait des islamos » , glissera un flic.

« Ce “quelque chose”, c’était la conjonction du politique, du renseignement, de l’antiterrorisme, de la justice et des journalistes, précise David Dufresne. […] Où s’arrête le terrorisme ? Où commence son instrumentalisation ? » Julien Coupat et les autres lui ont donné du fil à retordre : pourquoi cette enquête sur cette bande soupçonnée d’avoir

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Police / Justice
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